Art au féminin - 16 peintres de l'Iran d'aujourd'hui |
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1. Guizella Varga Sinai Hafez et l'amour éternel

2. Salimeh Motamedi Liberté bleue
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L'exposition Art au féminin, 16 peintres de l'Iran d'aujourd'hui offre une occasion unique de découvrir à Montréal les oeuvres de peintres iraniennes présentant un regard féminin sur la place des femmes dans la société iranienne dans une grande diversité de styles. Un questionnement qui porte autant sur la place de la femme artiste vivant en Iran et sa liberté créatrice pour dire le monde que sur les enjeux personnels et sociaux auxquel sont confrontées les femmes dans la sphère intime ou publique.
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L'exposition propose un parcours aux couleurs vives composé d'oeuvres autant figuratives qu'abstraites. Ainsi, Salimeh Motamedi(2) joue avec les frontières des genres en mettant ses personnages en équilibre entre le figuratif et l'abstrait pour les faire disparaître sous le voile d'une fenêtre vacillante. De son côté Erica Ghahremanian opte résolument pour l'abstrait en choisissant l'acrylique et le format vertical afin de créer une colonne symbolique où s'opposent et se chevauchent le noir et le blanc sous la chaleur d'un soleil d'arain.
Rana Farnood nous prend à témoin de la lutte sourde entre deux forces contradictoires qui scindent sa toile en deux et font jaillir des tourbillons de graphies approximatives ne pouvant encore se nommer langage.
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Déconstruisant la composition florale pour en retenir l'abstraction des formes et des couleurs, Farideh Lachaie(3) propose une relecture personnelle du bouquet de fleurs aux couleurs vives et chatoyantes.
Les quatres oeuvres de Homa Khoshbin(4) permettent de voir l'évolution d'un parcours artistique qui part d'un figuratif empli de la noirceur d'un après-guerre où les fleures peinent à lutter contre les nuées menaçantes et se conclut avec de grands aplats abstraits en rouge ou bleu qui interpellent le regard autant que les sens.
Dans le registre figuratif, Nahid Arian s'amuse à travailler avec la forme académique de la nature morte, mais à la manière iranienne en se jouant des conventions le temps d'une cerise.
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3. Farideh Lachaie Éruption florale |

4. Homa Khoshbin Les fleurs qui poussent |
Leila Rafahi combine les techniques de la peinture et la photographie pour présenter un instantané de la solitude urbaine moderne voilée par un rougeoiement persisant, alors que Frazaneh Babaie esquisse de ses traits en noir et blanc le ballet mécanique de femmes-pantins dont les mouvements maladroits et désordonnés expriment un désarroi profond.
Les solitude et le vide omniprésents qui émanent des oeuvres frappent le regard, et ce, plus encore dans le portrait tragique de deux femmes peintes par Mahnaz Chodjaian .
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5. Amini Pegah Rouge d'amour
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Les yeux hagards de visage s'y vident en pleurs de couleurs pâles qui inondent la toile pour en absorber l'éclat de vie. Plus mystérieux encore est le portrait d'ensemble de femmes voilées que peint Tabatabaie où la solitude des individualités se perd dans le noir commun des tchadors qui dessinent une forme anonyme étrange et menaçante que seul vient briser le point rouge d'un battement de coeur.
Hongroise ayant émigré en Iran, Guizella Vargas Sinai(1) établit par sa peinture des ponts entre les traditions orientales et occidentales et entre le littéraire et le pictural. Intégrant les textes du poète Hafez au sein d'un style qui associe audocieusement l'art traditionnel de miniature et les techniques de la peinture moderne Guizella Varga Sinai fait éclore un foisonnement pictural étrangement serain.
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Fascinée par le vide, Azadeh Yavari nous envoûte avec ses portaits où la présence humaine est toujours induite par le décor, mais jamais réellement incarnée par des corps. Ses oeuvres travaillent sur des lieux construits où règne une atmosphère de vide suspendu dans le temps et l'espace. Un univers de tentures et de rideaux servant autant à ouvrir l'espace qu'à dissimuler les présences et nous mène vers un questionnement déstabilisant. Plus proche de la tradition occidentale, Pegah Amini(5) verse du côté de l'art moderne avec des corps de femmes dont les traits et les couleurs vives évoquent une parenté lointaine avec les oeuvres de Chagal et de Gaugain. Seules ou accompagnées, ces femmes semblent perdues dans une solitude persisante qu'elles soient dans le repos, l'étreinte ou l'étirement.
L'audace de la représentation du corps féminin appartient à Ahoo Hamedi qui opte pour les lignes et les couleurs délicates de l'aquarelle. Artiste de la sensulité et de l'intimité, elle ose montrer la nudité féminine dans une série d'oeuvres qui oscillent entre la provocation pour une sensualité exacerbant le désir et la provocation par la liberté de mouvement d'un corps qui oublie la bienséance des canons esthétiques et des poses obligées. Jouant conjointement sur le grotesque et le sensuel, elle fait jaillir l'humanité de ces corps de femmes doublement provocants par leur beauté et leur naturel.
Enfin à rebours complètement de cette nudité dévoilée et privée, Chohreh Mehran(6) et Masoumeh Mohdati présentent quant à elles des femmes nécessairement voilées dans l'espace public de Téhéran. Depuis la jeune fille rêvant devant une robe improbable de la vitrine jusqu'aux jeunes écolières sans visage que l'étreinte de leur carcan de voiles ne peut empêcher de courir et de rire, les contraintes sociales imposent aux femmes une image. Mais Chohreh Mehran montre également que, bien plus encore que le voile qui peut être habilement détourné par l'imagination des couleurs et des poses audacieuses, c'est i'intériorisation de la norme du "nez parfait" qui est plus pernicieuse encore, car elle oeuvre dans le discrétion des alcôves. Le seul indice visible de cette violence choisie est un mince bout de collant blanc posé sur le nez pour dissimuler les cicatrices de la norme esthétique acceptée.
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6. Chohreh Mehran Nez opéré
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