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CONFÉRENCE
Persianizing Europe in the Safavid and Qajar Art
Abbas Amanat
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De l'appropriation de l'art européen par la Perse - [Compte rendu]
Dans sa conférence du 19 novembre dernier, présentée à MEKIC, le Dr. Abbas Amanat, historien de l’Université de Yale, a fait un survol de l’histoire de la peinture en Iran entre les 17e et 19e siècles. À un auditoire nombreux, il a tracé un parcours historique de la peinture iranienne des périodes Safavide et Ghajar.
De fait, l’Iran possède une tradition très ancienne de peinture et d’imagerie qui remonte à Mani (200 av. J.-C.), fondateur du manichéisme, prophète et peintre de l’époque des Sassanides, dont le livre, Arjang contient plusieurs peintures. Avec la conquête arabe, alors même que l’influence de l’Islam interdit toute imagerie et représentation de la forme humaine, la tradition de la peinture dans les livres survit sous l’ère des Abbassides de Bagdad (10e et 11e siècle) et des Il Khanids aux 12e et 13e siècles.
À l’époque des Temps modernes, l’Iran rentre en contact direct avec la peinture européenne du 16e et 17e siècle. Puis, sous le règne du roi Abbas, lors de la dynastie safavide, l’influence de la littérature et des arts européens se fait sentir partout en Iran, et particulièrement dans une ville importante comme Ispahan. Finalement, c’est par la réalisation de portraits du roi que la peinture de l'époque Ghajarid (1786 à 1925) se développe. Passant du statut d’instrument de cour à celui de mode d’expression artistique à part entière, cette forme d’art s’affranchit du patronage royal pour devenir, suivant la voie des arts européens, un moyen d’expression des idées satiriques et de la critique sociale.
Abbas Amanat dénonce l’idée quasi dominante, surtout à l’époque du régime de Pahlavi (le Shah d’Iran), que la période Ghajar n’a rien d’original, ni en art ni en littérature, et affirme qu’elle doit beaucoup de ses caractéristiques à l’influence de sa contrepartie la plus puissante de l’époque, l’Europe. Cependant, selon lui, plusieurs artistes persans comme Sani-ol-molk (1814-1866), l’un de plus importants artistes de l’époque moderne en Iran, sont parvenus à assimiler certains aspects de l’art européen, tout en gardant leur identité propre.
L’une des plus importantes œuvres d’art produites dans le monde islamique de l’époque post-Safavide est constituée par les six volumes des Mille et une nuits illustrés par 6000 œuvres d’art reproduisant chacune un des événements particuliers décrits dans le récit. Cette œuvre monumentale est gardée au musée de Golestân à Téhéran, mais elle n’est reproduite nulle part en République islamique d’Iran à cause des images qualifiées de « pornographiques » qu’elle contient.
Ali Paknezhad
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