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CONFÉRENCE
Le conflit israélo-palestinien Les enjeux actuels
Rachad Antonius
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CONFÉRENCE - [Compte rendu]
Pour mieux appréhender la situation israélo-palestinienne contemporaine, le Dr. Rachad Antonius, professeur de sociologie à l’UQAM a fait un survol de l’histoire du sionisme et de l’antisémitisme en Europe ainsi que son développement en Israël et dans les territoires occupés.
Suite aux changements socioculturels survenus en Europe après la Révolution française et la révolution industrielle, émerge l’espoir, chez les Juifs, d’améliorer leur sort par la constitution d’un foyer pour le peuple juif. Parallèlement, une résistance antisémite se développa sous la forme de pogroms et de tuerie de Juifs en Europe et en Russie tsariste.
L’affaire Dreyfus, du nom de l’officier français de confession juive faussement accusé de trahison sous le prétexte d’espionnage pour l’Allemagne, fut l’événement d’envergure qui affecta profondément Théodore Herzl dans sa fondation d’un mouvement organisé pour la création d’un état juif, le sionisme. Herzl en posa les premiers jalons dans son livre Der Judenstaat (L’État des Juifs).
Herzl tenta de convaincre le sultan ottoman de fonder un foyer juif en terre palestinienne, territoire qu’il considérait comme non peuplé. En raison des problèmes économiques de l’Empire ottoman, les territoires palestiniens furent graduellement vendus aux grands commerçants de Jérusalem et de Beyrouth. Ces territoires devinrent en bonne partie la propriété du Fond National Juif, organisme créé spécialement à cet effet par le mouvement sioniste.
L’une des clauses des contrats de vente selon lesquels le Fonds National Juif acheta les terres palestiniennes précise que les territoires seront achetés vidés de leurs habitants. Les paysans qui, depuis des générations, ont eu l’habitude de verser l’impôt à un sultan ou à une autre figure d’autorité, n’ont jamais été contraints à quitter leur terre, contrairement à ce qui se produisit lorsque les nouveaux propriétaires prirent la relève. Ce fut la première manifestation de violence exercée contre le peuple palestinien. L’expulsion menée avec l’aide de soldats britanniques engendra le déplacement de 750,000 à 950,000 habitants.
À la fin de la Première Guerre mondiale et suite à l’effondrement de l’Empire ottoman, la Société des Nations donna à l’Angleterre et à la France le mandat d’assister les peuples et les provinces de l’Empire ottoman vers l’indépendance. Seule la Palestine fut désignée, par mandat, à devenir un foyer pour le peuple juif. En 1947, les Nations Unies reconnurent la partition des territoires en deux terres distinctes, Israël et la Palestine, suite à plusieurs conflits et disputes ayant eu lieu depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Alors qu’au début du siècle, la population juive sur le territoire était de 6 %, M. Antonious précise que les stratégies d’immigration visaient à augmenter la proportion de la population juive à 33 % et que le plan de partition attribua 58 % du territoire à l’Israël.
Selon Rachad Antonius, après la guerre de 1967, opposant Israël à l’Égypte, la Jordanie, la Syrie et le Liban, Israël se servit des discours belliqueux de Jamal Abdel Nasser comme prétexte pour attaquer ses voisins et réaliser ses ambitions expansionnistes en maintenant sa présence dans les territoires occupés. À ce propos, ni les États-Unis, ni l’Angleterre ou le Canada ne reconnaissent actuellement l’occupation israélienne en territoire occupé et malgré tout, Israël n’est jamais retourné à la ligne d’armistice de 1948, reconnue par la majorité des états du monde, y compris les états arabes.
En 1993, l’accord d’Oslo constitua un pas en avant, du fait que pour la première fois les deux parties se sont reconnues officiellement, mais malgré cela Israël n’a cessé de poursuivre l’expansion des colonies dans les territoires occupés dans la même année. M. Antonius souligne que les Palestiniens munis de la citoyenneté israélienne ont plus de droits en Israël que n’importe quel citoyen des pays arabes dans son pays, mais regrette qu’en Israël, les citoyens n’ont pas tous les mêmes droits et qu’il y règne un état d’apartheid. Malgré la sombre perspective de la situation présente, il songe à un jour où renaîtra un pays uni avec des citoyens israéliens et palestiniens jouissant des mêmes droits.
Ali Paknezhad
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